lundi 13 avril 2015



LABA Asbl présente le déroulement de la Conférence
Voix de femmes algériennes dans l'oeuvre d'Assia Djebar.
Quelles résonances aujourd'hui chez les Algériennes contemporaines ?



J'ai eu le plaisir d'animer et de recevoir dans le cadre de  Laba Asbl http://ghcherifi.blogspot.be/2015/04/laba-asbl-presente-voix-de-femmes_35.html,  Amel Chaouati​, ce vendredi 10.04.15 à 18h30 à Amazone Asbl pour une Conférence consacrée à l'oeuvre d'Assia Djebar.

Amel CHAOUATI, Femme-Ecrivain et Fondatrice du Cercle des Amis d’Assia Djebar http://cercledesamisassiadjebar.jimdo.com/, et auteure de « Les Algériennes du Château d’Amboise » https://www.facebook.com/pages/Les-Algériennes-du-château-dAmboise-par-Amel-Chaouati/1399345106973961, nous a fait découvrir ou redécouvrir cette grande Dame qu’était Assia Djebar qui nous a quittée le 6 février dernier.

Amel Chaouati nous a fait "entendre la Voix d'Assia Djebar" (comme elle l’entend, nous dit-elle, à chacune de ses lectures), à travers son exposé mais aussi et surtout à travers son ressenti et son vécu. Avec passion, elle nous  a entraîné  dans le monde et l'univers d'Assia Djebar que nous étions loin de connaître en profondeur, Amel nous a emmené dans des imaginaires où chacun et chacune, j'en suis sûre pouvait la percevoir quelque part dans sa tête.

De son vrai nom Fatima-Zohra Imalhayène, elle le changea en Assia Djebar pour pouvoir écrire et s’exprimer disait-elle. Assia Djebar ne se présentait pas en héroïne malgré toute la reconnaissance qu’elle eut à travers le monde, en Belgique, en France et particulièrement dans les pays anglo-saxons et en Allemagne. Elle avait au fond d’elle-même des combats à mener, ses combats en tant que femme dans une Algérie patriarcale  où les femmes étaient reléguées au sérail. 

« Réfléchir sur nous-mêmes et trouver sa voie, autre que celle imposée par la société … ». (Amel Chaouati)  
Son œuvre d’une densité extrême, chaque mot est posé, chaque mot un sens, explique la conférencière.

« J´écris à force de me taire! », J’écris  « Ces Voix qui m’assiègent…: ». (Assia Djebar)

Nul n’est prophète dans son pays …
Avec grand étonnement, j’ai réalisé par l’exposé de notre invitée qu’Assia Djebar n’était pas du tout enseignée en Algérie, la majorité des Algériens ne la connaissent pas. Nous avons eu plusieurs témoignages qui confirmaient les dires de notre invitée. Il est certain qu'elle dérangeait par ses écrits, ses engagements, ses réalisations cinématographiques puisqu’au-delà d’être écrivain, elle était aussi la première femme cinéaste en Algérie. Ses expressions étaient donc multiples comme l’Algérie dans sa diversité sociale et culturelle et c’est ce qu’elle aimait refléter dans ses récits singuliers. Raconter la réalité des femmes rurales et citadines, l’expression de leur corps en mouvement, elle l’exprimait dans son premier film de fiction « La Nouba des femmes du Mont Chenoua » qui ne reçut pas en Algérie la reconnaissance qu’elle méritait à l’époque alors que le film fut primé en Italie à La biennale de Venise.

 «J’ai pensé sincèrement que je pouvais devenir écrivain francophone. Mais pendant ces années de silence, j’ai compris qu’il y avait des problèmes de la langue arabe écrite qui ne relèvent pas actuellement de ma compétence. C’est différent au niveau de la langue de tous les jours. C’est pourquoi, faire du cinéma pour moi ce n’est pas abandonner le mot pour l’image. C’est faire de l’image-son. C’est effectuer un retour aux sources du langage».
La romancière-cinéaste voulait traduire, dit-elle, à travers les sons, les voix, les cris, les chants des femmes qui se font écho dans les ruelles, les chuchotements des femmes reléguées dans les campagnes: la mémoire dont elles sont les gardiennes... ».
Elle s’était vouée à la condition des femmes musulmanes, à leur émancipation pour permettre un dialogue des cultures. Ses origines arabo-berbère, algéro-française cimentaient son universalité.

Par ces affirmations et le contenu magistral de notre conférencière, je ne peux qu’être fière de ce que LABA asbl a encore une fois réalisé, toujours dans l'innovation, dans l'originalité et dans la qualité de ses sujets et thématiques, de ses invités et conférencier(e)s mais aussi et surtout de son public toujours intéressé et fidèle. Les Amitiés belgo-algériennes asbl, remplit bien les missions et les objectifs qu’elle s’est fixée et pense déjà pour son prochain événement, alors à très bientôt ...

MERCI Amel pour cette belle conférence riche en enseignement, j'en suis ressortie plus forte. Riche en amitiés, notre sortie d'après-conférence a été chaleureuse et complice. Comme je le disais aux filles, c'est comme si vous vous connaissiez toutes depuis des années et pourtant, j'étais le fil rouge et il a bien donné. Je ne peux oublier nos éclats de rire et nos petites histoires ... Merci aussi pour avoir joué le jeu et t'être laissé emporter ensuite dans une ambiance amicale, plus festive autour d'un repas et d'une animation musicale et dansante. Cela t’a permis tout comme le faisait Assia Djebar, disais-tu, d’écouter et de savourer les histoires de femmes et de s’y retrouver …

Bon vent, dans tous tes projets, que le Cercle des Amis d'Assia Djebar puisse perdurer et rayonner. Au plaisir de te revoir et de te suivre avec ton cercle de lecture, ce n’est qu’un au revoir et te dis à bientôt … 

Amitié et je sais que les copines se joindront à moi, BIG BOUSSA.

MERCI à toutes celles et ceux qui étaient présents malgré le beau soleil et toutes celles et ceux qui de leur lieu de villégiature puisque en vacances m’ont souhaité bonne réussite.



Amel CHAOUATI a écrit sur son Facebook au retour de Bruxelles :

Amel Chaouati
C'était vendredi à Bruxelles. Je remercie l'association amitié belgo-algérienne Laba Asbl pour cette rencontre devant un public de grande qualité dans les locaux de l'association Amazone représentée par Inge Van der Stighelen. Je voudrais particulièrement remercier Ghezala Cherifi ainsi que tous les membres et amis de l'association qui ont rendu mon séjour des plus agréables. Je n'oublie pas de saluer toutes les femmes exceptionnelles (et l'unique homme!) avec qui j'ai poursuivi la conversation autour de la table dans la joie et la bonne humeur. Merci à vous!
Vous êtes nombreux à me demander le contenu de la conférence. Je la posterai dans les prochains jours.


Un apperçu de la conférence en image

Ghezala CHERIFI (Présidente de LABA Asbl) - Amel CHAOUATI (Conférencière et Ecrivain) et
Inge VAN DER STIGHELEN (Centre de documentation d'Amazone Asbl)
Fatiha ABIDI (Administratrice de LABA Asbl) - Ghezala CHERIFI (Présidente de LABA Asbl) - Amel CHAOUATI (Conférencière et Ecrivain) - Inge VAN DER STIGHELEN (Centre de documentation d'Amazone Asbl)


  

   

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Séance de dédicace par Amel CHAOUATI pour son livre "Les Algéreinnes du château d'Amboise" et "Lire Assia Djebar", ma fille Chirine à côté bien intéressée.
 

 

   

   

 



 

 

 

   

Après le sérieux, la détente et ambiance musicale et dansant autour d'un repas turc à l'écoute
d'histoires de femmes ...
Avec Pierre DELRUELLE (Administrateur de LABA Asbl), ma fille Chirine, mes amies : Soraya DJELLOULI, Zahia TICHERAFI (membre active de LABA Asbl), Fatiha ABIDI (Administratrice de LABA Asbl), Amel CHAOUATI (invitée de la soirée), Zohra BELGHITI, Mounia BOUZIANI et Amel BENAHMED.


  
 

 

 



































jeudi 2 avril 2015

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LABA Asbl présente
Voix de femmes algériennes dans l’œuvre d’Assia Djebar.
Quelles résonances aujourd’hui chez les Algériennes contemporaines?
                  

L’Association Les Amitiés belgo-algériennes – LABA Asbl a le plaisir de vous inviter à sa prochaine activité consacrée à l’œuvre d’Assia Djebar.

Cette grande voix de l’émancipation des femmes musulmanes et du dialogue des cultures s’est éteinte le 6 février dernier. Grande dame de la littérature et romancière aux multiples facettes, cinéaste, professeur d'université et première personnalité du Maghreb à avoir été élue à l'Académie française. Femme de conviction, attachée à ses identités algérienne, arabe, berbère et française, son œuvre gagne en audience internationale et est traduite dans une vingtaine de langues.


"J'écris comme tant d'autres femmes écrivaines algériennes avec un sentiment d'urgence contre la régression et la misogynie". - "J'écris donc en français, langue du colonisateur qui est devenu néanmoins et irréversiblement celle de ma pensée" disait-elle.


De nombreux prix lui ont été décernés : En Belgique d'abord, Assia Djebar reçoit le Prix Maurice – Maeterlinck (Bruxelles en 1995). 1999, elle est élue membre de l´Académie Royale des Langues et des littératures françaises de Belgique au siège de Julien Green.  Le prix international Literary Neustadt Prize (Etats-Unis 1996), Prix Marguerite Yourcenar (Etats-Unis 1997), Prix international de Palmi (Italie 1998). Professeur à l´université de Bâton Rouge, Louisiane (USA). Couronnée du prestigieux Prix de la Paix des Libraires Allemands, prix considéré après le Nobel comme le second en importance à distinguer des écrivains de renom (22 octobre 2000) et première femme maghrébine musulmane élue à l’Académie française, le 16 juin 2005, au fauteuil de M. Georges Vedel. Assia Djebar est l´une des romancières de grand talent du Maghreb. 

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Assia Djebar, femmes de lettres du monde maghrébin.

Sa percée littéraire est intimement liée au combat de l´Algérie pour l´indépendance dans les années 50. Pendant la guerre d´Algérie 1954 - 1962, elle s´engage dans de nombreuses initiatives culturelles. Elle participe en 1956 à la grève des étudiants algériens, collabore comme journaliste aux côtés de Frantz Fanon (personnalité tout aussi remarquable que nous avons honoré lors de notre dernière activité le 30 janvier dernier à l’Hôtel de Ville de Bruxelles. Sous ce lien, l’article qui nous a été consacré et publié dans Le Soir d’Algérie par Aziouz Mokhtari http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2015/02/21/article.php?sid=174946&cid=2) au journal Moudjahid du FLN.  De 1959 à 1962, elle enseigne comme assistante à l´université de Rabat, puis de 1962 à 1965 à la faculté d´Alger.

Assia Djebar, de son vrai nom, Fatima–Zohra Imalyène laisse son empreinte, révèlent ses engagements et ses combats roman par roman et nous le verrons dès son premier ouvrage "La soif", édité en 1957, alors que l’Algérie était en pleine guerre pour se libérer du joug colonial au dernier "Nulle part dans la maison de mon père", édité en 2008, en passant par "Loin de Médine", en 1997, c’est le début de la décennie noire qui a ensanglanté l’Algérie, ces événements et de la crise qui secouent les pays arabo-islamiques l’ont conduit àrestituer aux femmes la place volée à la source de l’Islam, elle ressuscite ainsi les héroïnes musulmanes ancrées dans la mémoire islamique et "Le blanc de l’Algérie " publié en 1996 où elle évoque la mort d’intellectuelles et militants algériens pendant la guerre de libération et les années meurtries du terrorisme en Algérie.

Assia Djebar, l’infatigable militante de la cause des femmes.

Elle en a inspiré plus d’une et tout au long de son œuvre prolifique, Assia Djebar n’a eu de cesse de redonner la parole aux femmes et leur place dans l’histoire souvent occultées.

Je ne vous en dirai pas plus, cela fera l’objet de notre rencontre avec notre invité Amel CHAOUATI,Fondatrice du Cercle des Amis d’Assia Djebar http://cercledesamisassiadjebar.jimdo.com/m%C3%A9diasmais également femme-écrivain. Son roman « Les Algériennes du Château d’Amboise » nous éclaire sur la viecarcérale des femmes de la smala d’Abd el-Kader lors de sa reddition forcée qui ont été les oubliées de l’histoire https://www.facebook.com/pages/Les-Alg%C3%A9riennes-du-ch%C3%A2teau-dAmboise-par-Amel-Chaouati/1399345106973961. Notre auteur s’est inspiré de l’œuvre romanesque d’Assia Djebar à laquelle elle voue une grande admiration et c’est grâce à ses romans dit-elle, qu’elle a pris conscience de l’importance de bien connaître son histoire pour mieux se connaître et mieux analyser le présent.
« Elle m’a surtout fait prendre conscience de la pauvreté de l’écriture de l’histoire des femmes dans la société algérienne.  Depuis, je suis devenue alerte sur cette question ».

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Le Statut de la Femme algérienne et le Code de la famille

La question de la femme algérienne, son statut, ses combats n’a pas vraiment fait l’objet de grande rencontre en Belgique et pourtant, elle a été pionnière et combattante hors pair dans la lutte de libération algérienne, devant aboutir à son émancipation dans une Algérie libre et indépendante. Même si des héroïnes comme Djamila BOUHIRED, Djamila BOUBACHA, Hassiba BENBOUALI et bien d’autres, ont été célébrées, beaucoup sont restées dans l’anonymat, ces combattantes, ces Moudjahidates longtemps ignorées ont militées et militent encore avec leur contemporaine pour  leur intégration et leur place dans la société algérienne.

Lutte infatigable pour la liberté et l’égalité des droits, debout et seule face à  l’obscurantisme et la barbarie qui a sévi durant la décennie noire (fin 1990 – début 2000), la femme algérienne et les associations qui la soutienne ont eu raison de leur revendication, 
le code de la famille algérien voté en 1984 sous l'ère du parti unique et révisé en 2005, inspiré de la charia (loi islamique) se voit réformé. Le code de la famille, qui fait de la femme une "mineure à vie" selon des associations, va être révisé.

Le 5 mars dernier, la loi controversée pénalisant la violence faite aux femmes a été adopté par les députés malgré la virulence des conservateursCe texte, qui modifie et complète le code pénal, introduit également la notion de harcèlement dans les lieux publics et celle de harcèlement moral conjugal. "Un pas en avant" mais est "alarmée" par "l’arrêt des poursuites judiciaires en cas de pardon de la victime".
  
Née à Alger, Amel Chaouati est partie en France en 1992 à l’âge de 21 ans pour effectuer des études de psychologie après deux années de sciences politiques dans sa ville natale. Elle a débuté sa carrière de psychologue et psychothérapeute en travaillant auprès des migrants. Aujourd’hui elle exerce sa profession dans le champ de la psychiatrie en région parisienne en parallèle d’une activité libérale.

Elle est la présidente du Cercle des Amis d’Assia Djebar qu’elle a fondé en 2005. Cette association réunit des lecteurs autour d’une œuvre, d’un film ou d’un intervenant en lien avec la romancière et académicienne Assia Djebar. En 2012, elle a coordonné l’ouvrage collectif LIRE ASSIA DJEBAR ! aux éditions La Cheminante. En 2013, elle a publié chez le même éditeur Les Algériennes du château d’Amboise. La suite d’Abd el-Kader. Cet ouvrage traite de l’histoire de l’emprisonnement en France des femmes et des enfants de la suite de l’émir Abd el-Kader qui avaient partagé sa détention entre 1848 et 1852.


La Conférence aura lieu le Vendredi 10 avril 2015 à 18h30 à AMAZONE Asbl   Images intégrées 5
(Rue du Méridien, 10 - 1210 Bruxelles)

Avec la présence d’Amel CHAOUATI, Ecrivaine et Présidente du Cercle des Amis d’Assia Djebar, et son roman « Les Algériennes du Château d’Amboise ». 

Animée par Ghezala CHERIFI, Présidente de LABA asbl et une présentaton de l'asbl par Fatiha ABIDI, Administratrice.


Nous espérons vous voir toutes et tous, toujours aussi fidèles pour cette activité qui honorera cette grande Dame.

MERCI de faire passer l’info dans vos réseaux respectifs, MERCI pour votre bonne collaboration et votre soutien !!!


PAF : 5 euros

Avec nos sincères remerciements,
L’équipe de LABA Asbl,


En partenariat avec Amazone Asbl  Images intégrées 6 et avec le soutien de Madame Isabelle SIMONIS, Ministre des Droits des femmes de la Fédération Wallonie-Bruxelles 

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